Référence agro

De Sangosse : « le biocontrôle n’est plus une niche »

Le | Agrofournisseurs

De Sangosse dévoile son plan 2022, « fondé sur un modèle agile », selon son directeur Nicolas Fillon, qui laisse la part belle au biocontrôle pour devenir un acteur de référence, en France et à l’international. La firme veut porter une image rassurante, responsable, du métier en lien avec tous les modèles de production. Explications.

« Notre actionnariat, détenu à 75 % par les salariés, nous permet de conduire la stratégie de notre entreprise avec patience, sur le long terme », a expliqué Nicolas Fillon, directeur général de De Sangosse, lors d’une conférence de presse le 18 septembre à Paris. Cette stratégie s’appuie sur l’innovation, des marques fortes, pour atteindre, en France, 30 % de part de marché en biocontrôle à l’horizon 2022 contre 22 % aujourd’hui et une croissance annuelle du chiffre d’affaires de 9 %. Dans les cartons pour accompagner cette croissance, notamment dix solutions de biocontrôle applicables en solo et attendues d’ici à 2020.

L’international, un bon tremplin

60 % du chiffre d’affaires est réalisé dans 50 pays, « là où nos produits ont du sens », poursuit-il. La société a doublé son effectif dédié à la recherche depuis 2011 et y consacre 9 % de son chiffre d’affaires. Si la majorité des usines de production est en France, des unités de production sont implantées au Brésil et en Argentine, dans le souci d’une logistique éco-responsable. Nicolas Fillon estime que la demande en biocontrôle va bouger très vite en Europe, prenant exemple sur l’Italie, l’Espagne où la pression des consommateurs monte en puissance. La Turquie, pays exportateur de fruits et légumes, ainsi que la Chine s’intéressent aussi à ces solutions. « On pense que c’est un mouvement uniquement français même si la France reste la tête de pont sur le marché du biocontrôle, mais c’est une tendance de fond dans de nombreux pays », complète Nicolas Fillon.

Le biocontrôle, ça marche

En France, reste encore à lever quelques verrous, notamment sur les idées reçues liées à un manque d’efficacité : « Le biocontrôle ça marche, mais les solutions nécessitent beaucoup de temps pour être mises au point et homologuées, relève Olivier Antonin, directeur activité agriculture. Des équipes sont nécessaires pour apporter des conseils. » De plus, lorsque que ces solutions sont composées de micro-organismes comme les mycorhizes, leur multiplication demande deux années. La fabrication n’est pas dans le même pas de temps que pour les produits conventionnels. Ce qui pose la question de la logistique d’approvisionnement en lien avec la demande en saison. Pour répondre à ces problématiques, 60 personnes de l’entreprise sont en contact permanent avec les professionnels du monde agricole.

 

Image positive du métier

Pour autant, la société défend la protection conventionnelle : « il faut que cela reste », prévient Nicolas Fillon. À titre d’exemple, l’antilimaces de biocontrôle IronMax Pro montre un niveau d’efficacité proche de la solution conventionnelle à base de métaldéhyde, mais les deux produits ont leur place sur le marché pour des questions de sécurité : « N’avoir qu’une seule matière active de disponible n’est pas souhaitable ». Cette stratégie de défense est aussi portée par une envie de « casser ce qui se passe en ce moment », « de porter une image rassurante, responsable, du métier avec des solutions durables et le partage d’expériences ». D’où le lancement officiel de la Positive Production, dont les fondements avaient déjà été expliqués lors des Culturales les 14 et 15 juin près de Reims (51) et qui a été peaufinée pendant la campagne 2017 -2018. « Nous avons attendu d’avoir suffisamment de points de preuve, de produits et de brevets pour lancer cette démarche afin qu’elle ne soit pas juste une intention mais une réalité concrète immédiatement applicable », indique Christophe Macquin, directeur marketing agriculture.

La valeur ajoutée d’un produit n’est plus liée à la seule efficacité

La démarche passe par du conseil, des formations, la mise à disposition d’OAD et de nombreux échanges avec l’écosystème professionnel. Cette prise de parole, qui implique tous les salariés met l’accent sur une agriculture protéiforme en phase avec les attentes sociétales. « Nous sommes persuadés que l’avenir n’est pas aux modes standards, mais aux solutions adaptées à chaque contexte, chaque objectif et chaque enjeu », ajoute Christophe Zugaj, responsable communication. Cette prise de parole participe au changement de paradigme du secteur de la protection des plantes : pratiques plus respectueuses de l’environnement tout en maintenant la performance des exploitations agricoles. Avec, à rebours, une autre vision de l’approche économique du marché des phytosanitaires : « Avant, la création de valeur des produits reposait sur leur efficacité. Nous sommes sûrs que demain nous parlerons d’une autre forme de valeur ajoutée, quitte à se passer d’un peu d’efficacité », conclut Nicolas Fillon. En clair, par une valorisation via les filières alimentaires d’un modèle de production différent, centré sur la qualité.


Chiffres clés

Résultats

  • 270 M€ de CA en 2018 dont 60 % à l’étranger
  • 22 % de part de marché De Sangosse en 2018 sur le segment du biocontrôle en France

Périmètre

  • 830 salariés
  • 24 filiales dans 16 pays
  • Des produits homologués dans plus de 50 pays
  • 16 unités de production dans 6 pays

Portefeuille biocontrôle

  • 28 % des principes actifs de la liste officielle des produits phytosanitaires de biocontrôle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation soit 20 spécialités
  • 25 % des fiches CEPP
  • Homologations biocontrôle attendues d’ici à 2020 :
  • Vigne : un fongicide, un insecticide, un puffer et un herbicide défanant
  • Arbo : un puffer, un fon gicide et un régulateur
  • Céréales : une substance naturelle contre la septoriose
  • Pommes de terre : une substance naturelle contre le mildiou , un herbicide défanant

Investissements

  • Construction prévue pour le printemps 2019 à Pont-du-casse (47) d’une unité ultra-moderne d’appâts anti-limaces développée dans le cadre du programme « Usine du Futur Nouvelle-Aquitaine » de la BPI. Ce site éco-conçu s’inscrit dans l’économie locale et circulaire, en étant autonome en énergie et à impact environnemental « zéro ».