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Le manque de données sur l’irrigation en Pays de la Loire souligné par la Chambre régionale des comptes

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La Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire a publié, le 17 juillet 2023, un rapport consacré à la gestion de l’eau sur son territoire. L’instance insiste sur le risque croissant de conflits d’usages et souligne le manque de données en matière d’irrigation agricole, nécessaires pour parvenir à économiser la ressource.

Le manque de données sur l’irrigation en Pays de la Loire souligné par la Chambre régionale des comptes
Le manque de données sur l’irrigation en Pays de la Loire souligné par la Chambre régionale des comptes

En parallèle du rapport de la Cour des comptes, publié le 17 juillet 2023, sur la gestion quantitative de l’eau, la Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire a publié, le même jour, son propre document sur cet enjeu. L’instance s’inquiète, de concert avec la mission d’information sénatoriale, du risque de conflit d’usage sur son territoire en raison de « la répartition des prélèvements à part presque égale entre l’irrigation et l’eau potable », et des « besoins grandissants des industries agroalimentaires ». Résultat : alors que la disponibilité de la ressource baisse, les prélèvements ne font qu’augmenter dans la région : + 8 % pour le sous-bassin de la Sèvre Nantaise entre 2015 et 2019, et + 17 % pour celui du Lay entre 2012 et 2019. Une pression exercée notamment par le milieu agricole. À l’échelle de la Loire-Atlantique, les prélèvements agricoles pour l’irrigation ont augmenté de 19,6 % entre 2009 et 2019.

Des économies d’eau pas assez priorisées

Des évolutions qui seraient la conséquence d’une gouvernance insuffisante : «  Les actions d’économies d’eau ne sont pas prioritaires, quels que soient les usages et le sous-bassin considéré », pose le rapport. Une situation qui concerne donc également les prélèvements pour l’irrigation. Les auteurs du document regrettent également le manque de données en la matière. « Il existe un fort besoin de collecte de données. (…) La chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire n’a pas été en mesure de fournir de données sur la SAU irriguée, son évolution, encore moins sur le volume d’eau prélevé par hectare irrigué, ni sur le type d’exploitations (conventionnelle, biologique, etc.) ou de cultures (grandes cultures, cultures spécialisées, etc.) auxquelles ces volumes sont destinés. »

Inquiétude sur les sécheresses hivernales

La Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire revient enfin sur la construction de cinq réserves de substitution entre 2014 et 2019, pour un coût de 13,8 M€. « Le paiement du solde à charge (1) par les irrigants de la zone ne les a pas incités à renoncer à l’irrigation, mais à davantage valoriser ce qu’ils appellent des « droits d’eau » en s’orientant vers des cultures à plus forte valeur ajoutée », souligne le rapport. Si les auteurs du document reconnaissent que ces réserves peuvent être une solution « pour faire remonter les niveaux des nappes et du Marais poitevin en période d’étiage », ils insistent sur la question des sécheresses hivernales. « Un déficit de précipitation l’hiver risque de compromettre le remplissage des réserves et l’atteinte du niveau de nappe autorisant le remplissage, indique le document. À cet égard, le préfet a dérogé en 2017 à la règle qu’il a fixée en autorisant le remplissage au-delà du 31 mars, considérant les pertes économiques évaluées par la chambre d’agriculture, en faisant primer le remplissage, et donc l’irrigation, sur le niveau à venir de la nappe au printemps et donc la préservation des milieux. »


(1) Les travaux ont été subventionnés à hauteur de 65 % par des fonds publics